Stands MASA 2026 : Des difficultés de visibilité

En marge des spectacles et des grandes scènes du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA), plusieurs exposants et acteurs culturels occupent les stands installés sur le site.

Entre activités éducatives, promotion de produits locaux et initiatives culturelles, les réalités sont contrastées sur les différents stands du Masa.

Pour Silvia, rencontrée sur le site, c’est une première participation. Elle découvre l’événement avec enthousiasme. « Je ne connaissais pas le niveau de conception de ce type de films », confie-t-elle. Seule sur place, elle dit avoir été surprise par l’organisation et la diversité des propositions. « J’ai vraiment aimé », résume-t-elle.

Un atelier autour du cacao pour sensibiliser les enfants

Au niveau des stands, certaines initiatives misent sur la transmission. C’est le cas d’un atelier organisé avec Petit Bois Tourisme, consacré à la découverte du cacao et du chocolat.

Selon les encadreurs, près de 600 enfants ont été accueillis en une seule journée, au troisième jour du MASA. L’activité consiste à présenter toute la chaîne de production : de la plantation du cacao à la transformation en chocolat.

Les enfants y apprennent également à différencier un produit de qualité d’un produit de moindre qualité, tout en découvrant les propriétés du cacao.

Des exposants confrontés à un manque de visibilité

Malgré ces activités, plusieurs exposants rencontrent des difficultés. En cause, selon eux : une nouvelle organisation des espaces. Contrairement aux éditions précédentes, les visiteurs ne passent plus systématiquement par les stands avant d’accéder aux salles de conférences.

« Les gens ne viennent pas vers nous avant d’aller aux activités », explique un exposant. Résultat : une baisse de fréquentation au niveau des hangars.

À cela s’ajoute le coût des espaces. Certains évoquent un montant d’environ 450 000 FCFA pour un stand, un investissement difficile à rentabiliser dans ces conditions.

Face à cette situation, les vendeurs ajustent leurs prix pour attirer les visiteurs, parfois en dessous des tarifs initialement prévus.

Une présence littéraire portée par une librairie mobile

Parmi les initiatives remarquées figure celle de Sidney Karams, écrivain et promoteur d’une librairie mobile. Présent à plusieurs éditions du MASA, il propose des ouvrages destinés aussi bien aux enfants qu’aux adultes : romans, livres de développement personnel, textes éducatifs.

Son dispositif vise à rapprocher le livre du public, notamment des plus jeunes, en intégrant la lecture aux grands événements culturels. « Le MASA, ce n’est pas seulement la danse ou la musique. Il y a aussi la littérature », insiste-t-il.

Une édition marquée par l’inclusion, mais aussi par des ajustements

L’édition 2026 est également perçue par certains acteurs comme une édition tournée vers l’inclusion, avec une présence plus visible de profils variés, y compris des personnes en situation de handicap.

Cependant, sur le terrain, les réalités économiques restent présentes. Les prix des produits varient selon les stands, généralement entre 3 000 et 15 000 FCFA, en fonction des articles proposés et des stratégies d’adaptation des vendeurs.

Si le MASA reste une vitrine importante pour les acteurs culturels, ce reportage montre aussi les limites rencontrées par certains exposants.

Entre initiatives éducatives, promotion de produits locaux et contraintes liées à l’organisation des espaces, l’expérience du MASA varie selon les positions occupées sur le site.

Edouard Gnansounou

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